DES FOIS... JE N'OSE PAS...
Des fois, je n'ose pas être moi-même et je fais preuve de timidité. Je voudrais me dire mais je médis plutôt face aux autres et surtout face à ce que je suis. La crainte prend le dessus et je retiens mes mots et mes élans. Je me fige et le ressentiment vient alors m'habiter. Il prend toute la place et je me sens mal et incomprise. J'étouffe et je tourne en rond, ne sachant pas trop quoi faire pour me dépêtrer de ce filet où je me suis enfouie de peur de déplaire! Les mailles se resserrent et je suis prise à mon propre jeu car c'est moi qui ai mal placée les personnages qui m'habitent sur l'échiquier mis à ma portée... Échec et math car l'autre joueur lui a tout compris que ma tactique n'était pas véridique. Il a su tirer sa carte en as et moi je n'ai plus qu'à piquer du nez en attendant que ma mise se "trèfle" et que je puisse à nouveau le contrecarrer...
Des fois, je n'ose pas dire NON à ce qui ne fait plus mon affaire. Je fais semblant d'accepter mais mes ulcères surchauffent et l'eau de la Source ne peut éteindre le feu de la colère qui me brûle au troisième degré! Je veux faire plaisir et bien paraître mais je bloque mon élan de vie authentique et à un moment donné, je sais que le masque va se fissurer et que le miroir va se fêler me laissant pantoise et essoufflée! Surprise d'avoir caché ma vraie beauté sous plusieurs couches de fond qui ont éteint l'éclat de mon visage et qui ont ridé ma peau comme une peau de chagrin trop longtemps étouffée...
Des fois, je n'ose pas sortir de chez-moi car je me sens bien mieux à l'abri derrière mes murs clos. Je n'ose pas ouvrir ma porte et sortir sur mon balcon. Je n'ose pas aller piétiner le sentier qui me mènerait à la rivière bouillonnante. Je n'ose pas cueillir la fleur des champs et écouter les doux messages de l'oiseau. Je me replie sur moi-même et je me flagelle avec le fouet du maître dont je me crois l'esclave. Je me conte des histoires et l'épilogue n'a pas du tout rapport avec l'histoire vraie de ma vie!
Des fois, je n'ose pas expliquer ce que j'aime et je suis déçue qu'on ne le devine pas. Je m'attends que l'on comble mes besoins mais si je ne parle pas, il est bien normal que l'énigme reste une énigme pour celui ou celle à mes côtés. C'est souvent difficile pour l'autre de lire entre les lignes et de comprendre les mots du poème que j'écris au fil des jours sur les pages de ma vie! Je m'attends que l'autre m'apporte tout sur un plateau d'argent mais en même temps je me contente de goûter à la vie dans une gamelle fêlée par l'usure de la vie!
Des fois, je n'ose pas terminer ce que j'ai commencé craignant le jugement et la non-reconnaissance. J'abandonne mon rêve sur le bord de ma route et je suis surprise qu'un autre l'ait ramassé pour en faire le sien à son tour. J'aurais pourtant pu juste changer l'emballage et me le réapproprier... J'aurais pu le poser sur le bord de la fenêtre pour que le soleil y réfléchisse ses réponses rayonnantes et que l'étincelle se rallume sur mes propres doutes! J'aurais pu faire confiance et faire preuve de patience mais mon orgueil a pris toute la place et maintenant rien ne me sert de regretter et de pleurer!
Des fois, je n'ose pas me retrouver face à moi-même et habiter l'île qui flotte en moi. Je n'ose pas décoder les jugements que je pose sur autrui. Je ne prends pas le temps de décortiquer les émotions qui se cachent derrière mes jugements et j'oublie que les autres sont le reflet de ce que je suis!
Puis, je me rends compte que c'est impossible que je continue ainsi!
Oui, c'est impossible et je remets le chapeau de la fidélité envers moi-même!
J'ose enfin être moi-même
Quitte à me faire juger...
J'ose enfin me dire "JE T'AIME"...
Oui, j'ose enfin M'ESTIMER!
OUI, J'OSE faire du bruit et crier ma joie ou ma détresse à tue-tête pour m'en libérer. Je me ressource et je reprends contrôle des cordeaux de ma liberté. J'enlève le masque de la victime éplorée et relève la tête pour fixer l'horizon ensoleillé et d'un simple regard traverser les frontières et les barrières que je me suis posées... J'ose m'exprimer et me dire quitte à me faire rabrouer. J'ose dire que TOUT EST POSSIBLE si j'y crois vraiment et que c'est MA PROPRE VÉRITÉ!
Oui, c'est impossible de traverser la vie sans se dire quitte à en pleurer. Mais qu'est-ce qui est préférable? Pourquoi suis-je née?
JE SUIS NÉE POUR APPRENDRE À VIVRE ET À AIMER...
JE SUIS NÉE POUR COMPRENDRE QUE LA VRAIE LIBERTÉ...
C'EST DANS MON COEUR QUE TOUJOURS JE LA TROUVERAI...
OUI, TOUT EST POSSIBLE...
SI JE COMMENCE PAR RECONNAÎTRE LE DIVIN EN MOI...
OUI, TOUT EST POSSIBLE...
SI J'ESPÈRE ET QUE JE LE CROIS!